Gouvernance
Il est proposé de confier la gestion du terrain à une SCIC pour se doter des moyens administratifs de faire de la coopérative d'habitation un tiers-lieux.
La SCIC (Société coopérative d'intérêt collectif) est une société coopérative et donc à but non lucratif. Elle permet de gérer des flux d'argent indépendamment de son modèle de gouvernance. Ce n'est parce qu'un acteur donne beaucoup d'argent qu'il a beaucoup de droit de vote, et inversement.
C'est un modèle particulièrement utilisé pour donner une place aux collectivités territoriales dans des projets à ambitieux à but non lucratifs.
Ici, la SCIC aurait pour but de permettre à plusieurs acteurs de participer aux prises de décisions en ce qui concerne le terrain (et d'y engager des frais). Chaque acteur est caractérisé par un rôle spécifique et un nombre de voix.
La coopérative d'habitation (33%)
La coopérative d'habitation gère les logements du terrain. Tous les habitants bénéficient d'une voix par ménage.
Toutes les affaires liées uniquement aux logements sont directement gérées par la coopérative.
La coopérative bénéficie d'un tiers des voix dans la SCIC qui gère le terrain de manière plus large.
Les commerces (1%)
Les habitants de la coopérative peuvent tenir des commerces sur le terrain. Ces commerces doivent avoir une forme coopérative et reverser une part de leur bénéfice à la coopérative d'habitation.
Les commerçants ne bénéficient que d'1% des voix de la SCIC car ils peuvent déjà exprimer par ailleurs leur parole via la coopérative d'habitation.
Être membre de la SCIC permet en revanche de faciliter les flux financiers entre les différents acteurs.
L'association (33%)
L'association LapiCop permet à des personnes qui ne résident pas sur le terrain de le soutenir, par des donations, des organisations d'événements, etc.
L'association bénéficie d'un tiers des voix de la SCIC. Au sein de l'association, la gouvernance s'effectue de manière classique.
Les collectivités (33%)
Enfin, les collectivités territoriales (Occitanie, Hérault, Clapiers) peuvent devenir sociétaire de la SCIC. Cela leur permet d'injecter de l'argent dans le projet, pour soutenir, par exemple, le rayonnement culturel du territoire. En contrepartie, les collectivités bénéficient d'un tiers des voix pour faire valoir leur politique d'urbanisme.
Vivre ensemble
Nous proposons que chaque ménage de la coopérative d'habitation doive effectuer une tâche pour le lieu. Ces dernières peuvent prendre plusieurs formes.
Gestion de l'habitat
Plusieurs tâches peuvent être internalisées. Notamment celles qui permettent de remplacer l'intervention d'un syndic (tâches administratives) et de sociétés tierces (nettoyage, bricolage, entretien, etc.)
Gestion de la vie du lieu
L'enjeu est d'utiliser le terrain pour avoir un impact culturel, social, environnemental, etc. Les habitants sont invités à entretenir une présence sur les réseaux sociaux, à organiser des évènements, à piloter des actions de sensibilisations, etc.
Gestion de l'économie
Nous proposons d'intégrer une dimension économique au lieu de vie en intégrant des commerce sur le terrain. Ces derniers devront prendre une forme coopérative, en accord avec les valeurs du projet et reverser un part des bénéfices à la coopérative d'habitation pour participer au remboursement du prêt. Cette posture justifie à l'inverse que les habitants se mobilisent bénévolement pour aider les commerçants, notamment lors d'événements.
Par exemple, si la coopérative a besoin d'argent, plutôt que de demander directement aux habitants d'effectuer un dépôt, ces derniers peuvent organiser un festival et faire tourner le café de la coopérative alors transformé en buvette pour l'occasion. L'argent gagné peut alors servir à financer la coopérative d'habitation dont la plus grosse dépense récurrente est le remboursement du prêt bancaire.
Principe de solidarité général
Tous les membres de la coopérative l'alimentent financièrement, ce qui lui permet d'encaisser les défauts de paiement d'un des acteurs. Cette posture sécurise à la fois les habitants qui peuvent encaisser collectivement les coups du sort, et les banquiers qui font se refléter cette sécurité sur le taux d'emprunt.
Mutualisation des infrastructures
Co-construire le projet permet de mutualiser certaines infrastructures et certains services. Peuvent être mentionnés :
- La laverie,
- Une salle de spectacle ou grand hall d'apéro,
- Des terrasses,
- Une piscine,
- Des "studios d'ami·e·s" pour remplacer les chambres d'ami·e·s à l'échelle de la résidence,
- Un système d'auto-partage,
- Un dispositif de garde d'enfant partagé
Par ailleurs, nous proposons d'intégrer sans différenciation de statut ou de rôle dans la coopérative des logements sociaux et des logements étudiants.
Architecture
Une architecture de pointe concernant l'impact environnemental semble être de rigueur.
- Présence de panneaux photovoltaïques sur les toits,
- Murs végétaux arrosés en eaux grises pour réguler la température et recycler les eaux usées (ex. https://calypso.coop/),
- Centralisation du chauffage et, le cas échéant, de la climatisation,
- etc.
Les bâtiments doivent aussi être le plus haut possible pour diminuer l'empreinte au sol et maximiser la surface de verdure en pleine terre.
Modèle économique
Il est proposé d'intégrer une dimension économique au projet afin d'en limiter les couts, notamment à l'usage, après la construction.
Habitants commerçants
En ce sens, le rez-de-chaussée pourrait être occupé par des commerces, dédiés aux habitants de la coopérative. Ces commerces devraient être non concurrentiels entre eux, pour garantir le plein épanouissement de chacun et limiter les potentielles tensions. L'accord de l’emplacement commercial est soumis à une validation de la SCIC, ce qui permet notamment à la commune d’exprimer son plan d’urbanisme
En accord avec les valeurs du projets, ces commerces doivent être des sociétés coopératives (a priori de type SCOP) interdisant la distribution de dividendes.
Enfin, les commerces s'engagent à reverser une part de leur bénéfice à la coopérative d'habitation, ce qui permet à la fois de réduire les frais pour les habitant·e·s, et, à la fois, aux habitant·e·s de s'impliquer dans la vie économique des commerces tout en en bénéficiant indirectement.
Location de locaux
Le projet est principalement défini par son rapport au territoire et par la volonté de construire physiquement une structure.
En empruntant au modèle du tiers-lieu en SCIC, la coopérative se donne la possibilité de louer des espaces vacants ("studios d'amis", salle des fête, etc.) pour générer des revenus susceptibles d'alléger les charges des habitants, voire de financer de nouveaux projets.